Menu

Pour perpétuer le nom “Vaudois”

2 gennaio 2017 - EVENTI

Figlio di un mercante di drappi di Crest (Drôme, F),  Gabriel Dumont (1680-1748) morì a  Rotterdam il primo gennaio 1748. Con la revoca dell’editto di Nantes (1685)  Gabriel lascia il Delfinato e raggiunge con la famiglia prima Vevey, poi Ginevra, dove perfeziona la sua formazione universitaria, tra il 1697 e il 1703, conseguendo la laurea in filosofia e teologia. Nel 1704 raggiunge l’Olanda sotto la protezione di Jacques Saurin. Dumont fu nominato subito pastore della chiesa francese di Leipzing da dove, nel 1720, si spostò alla chiesa wallona di Rotterdam. A Leipzing iniziò la sua collaborazione con la rivista Histoire critique de la République des Lettres tant ancienne que moderne di cui curò numerosi saggi (tra cui quello postumo dello zio materno Jacob Spon su Scipione l’Africano). A partire dal  1721 eserciterà la docenza nell’Università di Rotterdam ricoprendo la cattedra di storia ecclesiastica e di lingue orientali. Lascerà la cattedra solo nel 1747, alla vigilia della sua morte.

Ma fu durante la sua permanenza a Parigi (1727-1730) come cappellano dell’ambasciata olandese che Dumont ebbe a occuparsi dei Valdesi delle Alpi Cozie.

Pubblichiamo qui di seguito la sua relazione-petizione inoltrata all’ambasciatore olandese a Parigi, Abraham  van  Hoey, nel marzo  1730.

“Le zèle de votre Excellence m’est si connu que j’y recours avec une pleine confiance en faveur de nos frères Vaudois des vallées de Pragelas et de Sezane. Ces fidèles , cruellement persécutés, n’osent ni s’addresser au Roy de Sardaigne leur Souverain , à qui on les rend sans cesse odieux, ni implorer la protection des Princes et des États protestants , de peur qu’on ne leur en fasse un nouveau crime. Souffrez donc , Monseigneur , que je serve aujourd’buy d’interprête à leur douleur et à leurs désirs , étant bien informé de leurs misères.

Les vallées de Pragelas, de Sezane et de Château Daufin ayant été conquises en 1708 sur la France par les troupes de S. A.R. de Savoye et par celles de ses alliez’, l’Empereur, les Roys d’Angleterre et de Prusse et L. H. F. les Seign. E. G., les Vaudois habitants de ces vallées envoyèrent des députés à Son Excellence M. van der Meer, qui, de même que Mylord Chetwin , Ambassadeur de la Reyne d’Angleterre , les assura que Son Altesse Royale s’estoit obligé par le traité d’alliance à donner la liberté de conscience dans tous les pays qui seroient conquis , et qu’ils pouvoient commencer à faire profession ouverte de leur Sainte Religion comme avant la révocation de l’Édit de Nantes ; peu de temps après Monsieur Gasca, intendant à Fenestrelles , les mande pour leur dire qu’il avoit ordre de S. A. R. de leur déclarer  qu’Elle leur accordoit liberté de conscience, et qu’ils pouvoient exercer leur religion de la même manière que les habitants des autres Vallées , ses anciens sujets , en observant de n’avoir nulle dispute ni contestation avec les Catholiques romains, ni avec les curez principalement; les pasteurs des vallées de St Martin et de Luzerne eurent la permission de leur aller prêcher et faire toutes les autres fonctions du St Ministère.

Cette permission fut révoquée au bout de deux ans , et les habitants des vallées de Pragelas et de Cezane se virent obligez à aller aux exercices secrets des vallées de St Martin et de Luzerne , et à y porter leurs enfans pour y recevoir le Saint Baptême.

En 1708(*), leurs ennemis profitants de l’absence du Roy, qui étoit allé en Sicile, on dépouilla les notaires protestants de leurs offices ; on déposséda les Consuls et les Conseillers protestants de leurs emplois, on ôta les maîtres d’école protestants de toute la vallée de Pragelas , et on relégua par lettre de cachet plusieurs de leurs principaux habitants, qui furent exilez dans plusieurs villes de Piémont; mais qui au retour du Roy furent relâchez et renvoyez chacun chez eux.

Un édit de S. M. fut publié en 1716 dans toutes les communautés des vallées conquises, qui défendit sous des peines très rigoureuses d’y faire des assemblées en plus grand nombre que de dix personnes, ce qui donna occasion à diverses vexations.

Un arrest du Conseil supérieur de Pignerol, affiché en 1721, enjoignoit aux même habitants de faire baptiser leurs enfans vingtquatre heures après leur naisance, et cela encore sous de grosses amendes ; ce qui causa encore divers troubles.

Vers la fin du mois de novembre 1726, au gros de l’hiver, M. d’Arenton , Intendant de la province de Suze, ordonna à tous les Protestants de l’Église de Fenils dans la vallée de Cézanne de changer de religion ou de sortir incessamment des états de S. M. Quelques mois auparavant le S. Rousset , avocat fiscal de Pignerol, avoit fait signifier aux pasteurs et aux anciens des vallées de Luzerne et de St Martin qu’ils eussent à ne recevoir dans leurs assemblées aucun étranger, de ne baptiser les enfans, ni bénir les mariages, que des habitants de leurs propres vallées.

Enfin, au commencement de la présente année 1730, il est venu de Turin dans la vallée de Pragelas deux missionaires, qui, avec un détachement de soldats qu’îls ont obtenu du Commandant de Fenestrelles, obligent ces pauvres Vaudois à abjurer leur religion, à aller à la messe et à faire d’autres actes de la religion romaine.

Ce ne sont là, Monseigneur, que les persécutions générales; si j’entrois dans le détail des persécutions particulières et des mauvais traitemens faits à des familles entières , comme à celle de mons. Richard du Château Daufin , de qui on a enlevé les filles pour les enfermer dans des couvents , et on les a ensuite mariées malgré luy à des catholiques romains , à la famille de Messieurs Consuls de Fenils dans la vallée de Cezane, à la famille du Capitaine Etienne Friquet, à celle de Jean Guiot , à celle de Daniel Gonet, des Traverses de la vallée de Pragelas, ou des cruautés inouïes contre une infinité de particuliers à l’instigation des ecclésiastiques , d’un Jean Galice , curé du Château de Bois , ce mémoire deviendroit un gros livre.

Je ne doute pas , Monseigneur , que si votre Excellence daigne le feire présenter à L. H. P. , Elles ne se sentent touchées de tant de milliers d’innocents opprimés, recommandables par leur fidélité à leur Souverain aussi bien que par la pureté et l’ancienneté de leur religion.

Il n’est pas nécessaire que je représente icy l’importance de conserver ces Églises- là, pour affermir celles des autres Vallées voisines et pour perpétuer le nom vaudois ; je prendray seulement la liberté de remarquer que ces pauvres Églises ont d’autant plus d’espérance d’un heureux succès de la puissante recommandation de L. H. P. auprès du Roy de Sardaigne , leur Souverain , que ce Prince , également juste et prudent , sait qu’il n’a point de sujets plus fidèles et que ce ne peut être qu’à son insu qu’on travaille à leur perte totale; tout ce qu’ils demandent de sa justice et de sa clémence avec la plus profonde humilité , c’est de pouvoir servir Dieu et honorer leur Roy selon les lumières de leur conscience dans une pleine liberté”.

(*)  In verità ci si riferisce a eventi posteriori al 1713.